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Amado Nervo Amado Nervo (1870-1919)
Amado es la palabra que en querer se concentra,
Nervo es la vibración de los nervios del mal.

Rubén Dario, une nuit, à Paris.

Né le 27 août 1870 à Tepic, petite ville de la côte ouest du Mexique, Juan Crisóstomo Ruiz de Nervo héritera finalement de son père Amado un prénom et... un demi-nom, son géniteur ayant en effet décidé de raccourcir le patronyme familial. Il en résulte pour le jeune Amado un improbable nom de plume qui, selon lui, a sans doute influencé sa carrière littéraire. Qui sait, dira-t-il plus tard, ce qu'il serait advenu de ses oeuvres si un certain Ruiz de Nervo ou un quelconque Pérez y Pérez les avait signées. Fier de sa prestigieuse généalogie espagnole, il semble pourtant avoir longtemps regretté cette attrition patronymique. À la mort de ce père désinvolte, alors qu'il n'a que neuf ans, Amado est envoyé par sa mère parfaire son éducation chez les Pères Romains de Jacona, lui qui n'a jusqu'alors connu que les écoles primaires de sa bourgade natale. Là, puis au séminaire de Zamora, il poursuit de brillantes études.

Latiniste distingué, il souhaite devenir prêtre, mais après deux années d'effort il doit revenir à Tepic: l'héritage paternel est épuisé et Amado doit chercher au plus vite un travail afin de subvenir aux besoins de sa nombreuse famille. Quelques années plus tard, l'aisance est en partie revenue au foyer et Amado part pour Mazatlán où il signe pour le Correo de la Tarde ses premiers articles. En 1894, il arrive enfin à Mexico, où il exerce mille et un métiers ingrats dans l'espoir de devenir un jour un écrivain renommé. Le suicide de son frère Luis, cet autre poète en compagnie duquel il avait aperçu un soir de juillet sur une plage de Mazatlán le mystérieux rayon vert qui, à certains, apporte le bonheur, le marquera à jamais. Cette période de sa vie le voit multiplier les collaborations: il publie dans El Mundo Ilustrado, El Nacional, El Imparcial et dans les meilleures revues littéraires du moment (c'est lui-même qui l'affirme!). Il est tour à tour conteur, humoriste, dramaturge, critique, parolier, chroniqueur et -- avant tout -- poète. Ce ne sont pourtant pas ses recueils de poèmes qui lui valent tout d'abord l'intérêt des lecteurs, mais une nouvelle, «El Bachiller» («Le Bachelier»), écrite en 1895 et dont le style insolite est remarqué par la critique. C'est à cette époque qu'il collabore à Azul, la revue-phare du Modernisme hispano-américain initiée par Gutiérrez Nájera. En 1898, il publie Místicas, recueil dans lequel il impose un ton nouveau à la poésie mystico-religieuse un peu compassée de son époque. Son style singulier et raffiné étonne à nouveau la critique.

Comme de nombreux poètes «fin-de-siècle» il se rend à Paris. En 1900, il y est envoyé par le journal El Imparcial afin de couvrir l'Exposition Universelle: il décide de s'y attarder. Son séjour à Paris est l'occasion pour lui de faire la connaissance de Verlaine, Moreas, Wilde. Il se lie d'une profonde amitié avec Rubén Darío et entretient des relations suivies avec les auteurs hispano-américains de la Capitale. En 1901, il fait paraître «El Bachiller» en français sous le titre «Origène, nouvelle mexicaine». Cette même année, il fait aussi la connaissance de Ana Cecilia Luisa Dailliez, avec laquelle il connaîtra dix années de bonheur, jusqu'à la mort de celle-ci en 1912. Cette séparation, qu'il comparera à une amputation infiniment douloureuse, lui inspirera l'un de ses recueils les plus célèbres: La Amada Inmóvil.

De retour au Mexique en 1902, il publie de nouveaux recueils et prend bientôt la direction de la Revista Moderna. Il enseigne quelque temps le castillan. Sa renommée littéraire va grandissante. En 1905, il obtient un poste de diplomate à Madrid. Depuis l'Espagne, il collabore régulièrement au journal El Mundo ainsi qu'à diverses publications sud-américaines. En 1914, suite aux événements politiques qui secouent le Mexique, il perd son poste de diplomate. Malgré une situation financière plus que précaire, il refuse la pension que ses amis lui ont obtenue de l'état espagnol. En 1918, le nouveau gouvernement mexicain lui confie à son tour une charge diplomatique. Il devient alors, très officiellement Ministre et Envoyé Plénipotentiaire auprès des Gouvernements d'Argentine, d'Uruguay et du Paraguay.

Ses derniers poèmes («Serenidad», 1914; «Plenitud», 1918), qui passent pour ses plus achevés, semblent témoigner d'une autre réussite, celle d'une constante recherche de paix intérieure, qui se traduisit notamment par l'étude du Bouddhisme -- on sait qu'il s'intéressa à la Théosophie et que son intérêt pour le Symbolisme dépassait largement le cadre esthétique. À son décès en 1919 à Montevideo, son corps est rapatrié au Mexique où on lui organise des funérailles nationales -- voire continentales. Il repose dans l'équivalent mexicain du Panthéon, la Rotonda de los Hombres Ilustres.

On constate, du vivant même de l'auteur, un remarquable consensus laudateur: les lecteurs de la presse quotidienne suivent avec intérêt la parution de ses notes de voyage, de ses chroniques et de ses articles; ses critiques littéraires et théâtrales, souvent écrites dans une étonnante prose poétique typiquement moderniste, font autorité; dans le domaine du roman ses sources d'inspirations variées -- il admire tout autant H.G.Wells qu'Edgar Poe -- fédèrent sous sa bannière des lectorats fort disparates. Il ne restera pourtant pas grand chose, quelques décennies plus tard, d'un tel engouement. Pour avoir fait preuve, dans ses oeuvres les plus personnelles, d'un classicisme somme toute assez rigide, et pour n'avoir pas véritablement anticipé les grands bouleversements littéraires du siècle nouveau -- il passe pour l'un des plus austères des modernistes -- Amado Nervo sera très vite relégué aux oubliettes de l'histoire littéraire. On retient généralement de lui l'image d'un personnage empesé, résolument attaché à une vision surannée de l'écrivain et de l'homme public, comme semble l'illustrer le portrait ci-contre. Son oeuvre complète occupe vingt-neuf volumes.

La vérité, comme toujours, doit se trouver quelque part entre ces deux extrêmes. Une oeuvre d'une telle diversité mérite assurément mieux.

PG
D'Amado Nervo, La Clef d'Argent a publié: «Le Château de l'inconscience».
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