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Charles Asselineau
 
Au sujet de Charles Asselineau :
 
  • Maurice Tourneux, nécrologie in L'Amateur d'autographes (nov-déc. 1874, pp. 168-174).
  • Maurice Tourneux, Catalogue de la bibliothèque romantique de feu M. Charles Asselineau (1875).
  • Charles Monselet, De A à Z (Charpentier, 1888).
  • Fernand Chaffiol-Debillemont, Petite suite excentrique (Mercure de France, 1952).
  • Gérard Oberlé, Auguste Poulet-Malassis, un éditeur sur le Parnasse (Le Manoir de Pron, 1995).
  • Charles Asselineau (1820-1874): le pêcheur d'ombres

    Passionné par les livres, mais aussi et surtout par ceux qui les écrivent et par ce qu'ils y mettent d'eux-mêmes, François Alexandre-Charles Asselineau (Paris, 13 mars 1820 - Châtelguyon, 25 juillet 1874) a laissé le souvenir d'un homme franc en amitié. Le souvenir, mais aussi l'image si on se réfère au beau portrait photographique qu'on peut voir ci-contre et qu'on doit à son vieil ami Félix Tournachon, dit Nadar (1820-1910). Portrait où, selon l'expression de Fernand Chaffiol-Debillemont (à qui nous empruntons le sous-titre de cette notule), brille «le regard malicieux de ses petits yeux bridés, d'un dessin un peu chinois». Ce n'est sans doute pas le plus connu, mais assurément l'un des plus spontanés et des plus chaleureux qu'ait produit l'aéronaute photographe.
    Si le nom d'Asselineau reste attaché à celui de Charles Baudelaire (1821-1867), sa prose demeure appréciée des amateurs sur des sujets fort variés depuis l'ébéniste Boulle (1642-1732) jusqu'aux anthologies de ballades ou de sonnets, en passant par l'histoire des moeurs du XIXe siècle et la bibliophilie. Réédité aussi régulièrement que possible pour son Enfer du bibliophile (Poulet-Malassis, 1862) et son exégèse baudelairienne il est vrai, il fut, tandis que rayonnait Nodier (1780-1844), une personnalité majeure, pour ne pas dire cardinale, de l'époque post-romantique. Après des études au lycée Bourbon, où Nadar (c'est là qu'ils se connurent) et Albert de Broglie (1821-1901) furent ses condisciples, il abandonna - raisonnablement - des études de médecine pour fréquenter avec beaucoup d'assiduité la Bibliothèque impériale-nationale, où il fit la connaissance de Charles Monselet (1825-1888) - le plus extraordinaire bibliographe dénicheur de son temps - composant ainsi une papetière équipe que l'on peut sans doute comparer à celle d'Apollinaire-Fleuret-Perceau. Mais Asselineau fut encore l'ami de Champfleury (1821-1889), de Théodore de Banville (1823-1891) et de... Charles Baudelaire, évidemment, dont il fut le premier biographe et l'éditeur des Oeuvres complètes. Finalement nommé surnuméraire à la Mazarine, il aura consacré toute sa vie aux livres, remettant par exemple en circulation de manière exemplaire le Gaspard de la Nuit d'Aloysius Bertrand (1807-1841), alors parfaitement oublié.
    Charles Asselineau produisit, pour sa part, des ouvrages délectables dont les vertus roboratives sont reconnues: Bibliographie romantique (P. Rouquette, 1872), Le Tracas de Paris (1854), Le Paradis des gens de lettres, selon ce qui a été vu et entendu (des Cendres, 1994), L'Enfer du bibliophile (J. Tardieu, 1860; des Cendres, 1985 et 1994), etc. Tous volumes dont on n'a pas fini d'exhumer les pépites.

    Nous avons publié de lui «La Jambe», nouvelle extraite de: La double vie, nouvelles. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1858, XXV-295 p.; autre éd. idem, 1862. Les nouvelles de La double vie ont été en grande partie inspirées à Asselineau par sa passion d'alors pour Swedenborg (1688-1772), comme en témoigne l'épigraphe de «La Jambe». Baudelaire disait de ce recueil: «Ce charmant petit livre, personnel, excessivement personnel, est comme un monologue d'hiver murmuré par l'auteur, les pieds sur les chenets.» On ne s'étonnera pas de le trouver au catalogue de l'éditeur d'Alençon quand on saura que depuis quelques années déjà Poulet-Malassis publiait dans la collection «Concordia Fructus» recueils de poèmes, romans ésotériques et bizarreries littéraires inclassables avec un égal souci éditoriale. On lui doit ainsi d'avoir très tôt permis à Charles Asselineau de rassembler ses notices littéraires éparpillées dans d'innombrables et introuvables plaquettes.
     

    Éric Dussert & Philippe Gindre
    De Charles Asselineau, La Clef d'Argent a publié: «La Jambe».
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